Les énergies renouvelables à la peine : les objectifs de 2030 s’éloignent

Selon le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publié le 7 octobre, la croissance mondiale des énergies renouvelables ralentit, remettant en cause l’objectif de tripler leur capacité d’ici 2030, fixé lors de la COP28 à Dubaï. Si l’éolien et le solaire continuent de progresser rapidement, la dynamique globale des renouvelables s’essouffle. L’AIE estime désormais que les capacités atteindront seulement 2,6 fois leur niveau de 2022 à l’horizon 2030, contre un quasi-triplement anticipé l’an dernier.

Ce coup de frein s’explique en grande partie par des réorientations politiques aux États-Unis et en Chine. Outre-Atlantique, l’abandon prématuré de dispositifs fiscaux fédéraux et d’autres réformes réglementaires a conduit l’agence à revoir à la baisse de près de moitié ses projections pour le marché américain. En Chine, la transition d’un système de tarifs réglementés à des appels d’offres pour l’électricité renouvelable a affecté la rentabilité des projets, entraînant un ralentissement des prévisions de croissance. L’AIE prévoit désormais une hausse globale de 4 600 gigawatts d’ici 2030, équivalente à la capacité cumulée de la Chine, de l’Union européenne et du Japon.

Malgré ce contexte incertain, certains signaux demeurent positifs. D’après le centre de réflexion Ember, les énergies renouvelables ont représenté 34,3 % de la production électrique mondiale au premier semestre 2025, dépassant pour la première fois le charbon, qui chute à 33,1 %. Le solaire et l’éolien progressent encore assez rapidement pour répondre à une demande mondiale d’électricité en hausse. L’AIE rappelle néanmoins que l’abandon de tout nouvel investissement dans les énergies fossiles reste indispensable pour espérer atteindre la neutralité carbone, alors que ces sources demeurent à l’origine de la majorité des émissions mondiales de gaz à effet de serre.