Les matériaux biosourcés, bien que marginalement utilisés dans l’emballage, sont largement mis en avant par les marques. Cette surreprésentation dans la communication contraste avec la compréhension limitée qu’en ont les consommateurs. En 2022, un habitant de l’Union européenne a généré en moyenne plus de 36 kilos d’emballages plastiques, dont une part infime était d’origine biosourcée. Selon Fabrice Peltier, designer et expert en emballage, cette méconnaissance découle d’une réalité technique complexe : un matériau biosourcé provient de la biomasse, mais il peut être tout aussi peu recyclable qu’un plastique issu du pétrole.
Depuis 2022, la loi antigaspillage interdit les mentions telles que « biodégradable » ou « respectueux de l’environnement » sur les emballages, en raison du manque de consensus scientifique et des confusions qu’elles suscitent. Le terme « biodégradable » notamment peut induire en erreur, en laissant croire que le produit peut être jeté sans conséquence dans la nature. Le législateur précise ainsi que seule la mention « compostable » est autorisée, et uniquement pour les matériaux capables de se décomposer dans un compost domestique, bien différent des installations industrielles à température et humidité contrôlées.
Au-delà de la terminologie, les matériaux biosourcés posent des défis environnementaux : certains requièrent davantage d’eau pour leur production ou ont un bilan carbone défavorable si les matières premières sont importées. Les entreprises doivent alors arbitrer entre plusieurs critères – émissions de CO2, circularité, biodiversité – sans qu’une solution ne satisfasse tous les enjeux. Fabrice Peltier rappelle enfin que l’emballage a pour rôle principal de protéger le produit. Lorsque cette fonction échoue, le gaspillage alimentaire qui en découle représente un impact environnemental bien plus lourd que celui de l’emballage lui-même.

