Les emballages en fibre cherchent une alternative industrielle au plastique

Les fabricants d’emballages accélèrent leur transition du plastique vers les matériaux à base de fibre. Cette évolution répond aux attentes des consommateurs et aux nouvelles obligations européennes. Le papier atteint déjà un taux de recyclage de 87 % en Europe. Par ailleurs, 72 % des consommateurs britanniques préféreraient le carton au plastique. Toutefois, cette perception favorable masque plusieurs difficultés techniques. Les emballages alimentaires nécessitent souvent des couches protectrices. Ces revêtements peuvent compromettre leur recyclabilité. Ils compliquent notamment la séparation des fibres et des polymères pendant le traitement.

La fibre moulée à sec pourrait résoudre une partie de ces difficultés. Contrairement aux procédés humides, cette technologie utilise très peu d’eau. Elle évite également une phase de séchage particulièrement énergivore. Un pot de yaourt peut être formé en trois secondes. Une technologie humide demanderait environ cinquante secondes. Selon PulPac, certaines applications réduiraient leurs émissions jusqu’à 80 % face aux alternatives plastiques. Un film protecteur reste parfois nécessaire. Cependant, il ne colle pas directement aux fibres. Les centres de recyclage peuvent donc le séparer plus facilement. Plusieurs groupes internationaux testent déjà cette solution. PulPac compte notamment Diageo, Haleon et Opella parmi ses partenaires.

Malgré ces avancées, l’approvisionnement en fibres soulève encore des interrogations. Les emballages alimentaires utilisent souvent de la matière vierge. Les fibres recyclées disposent rarement des certifications nécessaires au contact alimentaire. En outre, une demande croissante peut accentuer la pression sur les ressources forestières. Les entreprises devront donc vérifier l’origine des matières utilisées. Elles devront aussi considérer l’ensemble du cycle de vie. Le règlement européen sur les emballages renforcera prochainement les exigences de recyclabilité. Il limitera également certaines substances préoccupantes, notamment les PFAS. La fibre moulée à sec offre ainsi une perspective industrielle crédible. Cependant, son succès dépendra du coût, de la certification et de la disponibilité durable des matières premières.