Le projet australien de recyclage photovoltaïque, doté d’environ 15,5 millions d’euros, demeure suspendu depuis mai. Le gouvernement l’avait annoncé en janvier pour structurer une filière nationale. Une plainte non détaillée a interrompu la sélection de l’organisme chargé du pilote. Le lancement devait intervenir au milieu de 2026. Huit entreprises spécialisées demandent désormais aux ministres concernés de relancer rapidement la procédure. Elles craignent des faillites, une perte d’investissements et davantage de panneaux envoyés vers les décharges. Le dispositif devait récupérer notamment cuivre et aluminium.
Environ un Australien sur trois possède une installation solaire en toiture. Pourtant, la majorité des modules retirés ne rejoint pas une filière de recyclage. Beaucoup finissent en décharge ou restent entreposés sans débouché organisé. Victoria constitue le seul État interdisant formellement leur élimination avec les déchets ordinaires. Plusieurs sites ailleurs refusent néanmoins ces équipements. Le déploiement des batteries domestiques accélère aussi certains remplacements anticipés. Des propriétaires modernisent simultanément stockage et panneaux, augmentant le flux de déchets. Les recycleurs manquent paradoxalement d’approvisionnements réguliers pour rentabiliser leurs lignes.
Le pilote devait soutenir le transport, sécuriser les volumes et développer les capacités industrielles. Il devait également préparer un futur mécanisme national obligatoire. Les professionnels demandent maintenant une responsabilité élargie des producteurs couvrant réparation, réemploi et recyclage. Cette approche déplacerait une partie des coûts vers les metteurs sur le marché. Elle pourrait améliorer la traçabilité des modules durant plusieurs décennies. Cependant, les règles devront distinguer équipements encore fonctionnels et déchets réellement irréparables. Les autorités devront aussi éviter les exportations opaques et les traitements incomplets. Une norme nationale réduirait les écarts entre territoires. Sans décision rapide, l’Australie risque de perdre des recycleurs avant l’arrivée des volumes massifs. Le retard fragilise donc simultanément l’économie circulaire et la confiance entourant l’infrastructure solaire du pays entier.
